Des chercheurs de la Mayo Clinic ont peut-être découvert une nouvelle approche pour lutter contre le déclin cognitif lié à l'âge.
Leur étude récente suggère que l'élimination des cellules sénescentes chez des souris vieillissantes pourrait améliorer la fonction cognitive.
Que sont les cellules sénescentes ?
Imaginez un groupe d'intrus tenaces dans votre corps.
Ce sont les cellules sénescentes – des cellules qui étaient censées mourir naturellement, mais qui refusent de disparaître.
Ces cellules sont bloquées, empêchant les nouvelles cellules de les remplacer, ne se divisent pas et causent des dommages importants en libérant des toxines.
Les causes de la formation des cellules sénescentes :
- Dommages à l'ADN : Les dommages causés par l'oxydation, les radiations ou les toxines peuvent amener les cellules à devenir sénescentes.
- Raccourcissement des télomères : Les télomères sont des « capuchons » protecteurs aux extrémités des chromosomes. Leur raccourcissement avec l'âge ou d'autres facteurs peut conduire à la sénescence cellulaire.
- Perturbations des voies cellulaires : Les dommages aux mécanismes qui régulent la mort cellulaire peuvent amener les cellules à éviter la mort et à devenir sénescentes.
Effets négatifs des cellules sénescentes :
- Inflammation chronique : Les cellules sénescentes libèrent des cytokines, des molécules qui favorisent l'inflammation.
L'inflammation chronique est liée à diverses maladies, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer et le diabète. - Lésions tissulaires : Les cellules sénescentes endommagent les tissus sains environnants, altérant leur fonction.
- Vieillissement : L'accumulation de cellules sénescentes dans les tissus contribue au processus de vieillissement et aux maladies liées à l'âge.
Le lien entre la sénescence et le déclin cognitif
De nombreux facteurs contribuent au déclin cognitif à mesure que nous vieillissons, y compris l'inflammation chronique. Cette étude examine le lien entre les cellules sénescentes et le déclin cognitif.
Étude de la Mayo Clinic : une approche en deux étapes
Le Dr Diana Jurk et son équipe ont adopté une double approche pour étudier la possibilité d'inverser le déclin cognitif.
Ils ont examiné la réponse génétique aux médicaments sénolytiques (pharmacogénomique) et l'efficacité des stratégies d'administration de médicaments (pharmacologiques).
Identification des coupables : les cellules microgliales et les cellules souches oligodendrocytaires
Des études antérieures avaient lié les cellules sénescentes au cerveau, mais les types de cellules spécifiques affectés par le vieillissement restaient un mystère.
L'équipe du Dr Jurk a utilisé le séquençage d'ARN sur cellule unique, une technique puissante qui révèle l'expression génique dans des milliers de cellules individuelles.
Cette méthode a identifié les cellules microgliales et les cellules souches oligodendrocytaires comme les principaux suspects de la sénescence au cours du vieillissement.
Élimination des cellules sénescentes, restauration de la fonction cognitive
Les chercheurs ont utilisé deux méthodes sénolytiques pour éliminer les cellules sénescentes chez des souris vieillissantes génétiquement modifiées :
- AP20187 : cible les cellules sénescentes positives à p16
- Cocktail de dasatinib et de quercétine
Les deux méthodes ont significativement amélioré la fonction cognitive chez les souris par rapport aux tests avant traitement.
Une lueur d'espoir pour les traitements futurs
Le succès de l'étude chez la souris fournit une base solide pour la recherche future sur l'élimination des cellules sénescentes comme traitement potentiel du déclin cognitif lié à l'âge chez l'homme.
Il s'appuie sur des recherches antérieures de la Mayo Clinic qui ont montré des avantages similaires dans un modèle murin de la maladie d'Alzheimer et sur les travaux antérieurs du Dr Jurk sur les cellules sénescentes et l'anxiété.
Questions sans réponse et prochaines étapes
Bien que les résultats soient prometteurs, plusieurs questions clés demeurent :
- Comment les cellules sénescentes contribuent-elles au vieillissement cérébral ?
- Étant donné que le traitement était systémique, quelles cellules sénescentes spécifiques ont été ciblées ?
- Comment cette intervention a-t-elle affecté les cellules du système immunitaire chez les souris génétiquement modifiées ?
Des tests supplémentaires de la fonction cognitive sont nécessaires pour renforcer ces résultats.
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Références :
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